Ecoute ça, un podcast musical parti du nord

C’est dans sa ville de Valenciennes que Damien Depaepe confectionne son podcast natif d’analyse musical récemment récompensé au Paris Podcast Festival. Une aventure indépendante et une balade musicale qui utilise l’un des nouveaux moyens de communication en vogue, le podcast…

« Je me suis rendu compte que la façon dont j’écoutais la musique était très intello. J’en avais marre de soûler tout le monde sur la composition. Le podcast était la solution », se souvient Damien Depaepe. Au départ de ce projet, il s’agit seulement pour le jeune Nordiste qui doit déménager, de garder le contact avec un de ses amis. Et de parler musique, sa passion. Mais d’en parler autrement. 

L’aventure commence ainsi en novembre 2017 avec la création d’« Écoute ça », un podcast conçu, produit et diffusé uniquement en ligne et accessible à tous. Et dans ce cas précis, un contenu réalisé en toute indépendance sans l’aide d’aucune société de production ou autre média.

Damien Depaepe
©Julie Sebadelha

Passer 10 heures sur un site d’instruments

« Je prends un album et j’essaye de voir tout ce qu’il y a d’intéressant en composition. C’est surtout technique, sur les harmonies, les productions, pour montrer les intentions. »

Pour réaliser son podcast natif indépendant, le Valenciennois est seul et ne cherche pas à contacter les artistes ne se sentant pas assez légitime. « Je préfère faire des écoutes prolongées (…) Je sais ce que je dois chercher et j’écoute pour m’orienter ». L’un de ses prochains podcasts sera consacré à l’album Homework des Daft Punk nécessitant des recherches sur les instruments électro de l’époque. « Il faut être capable de passer 10h sur un site d’instruments », ironise-t-il.

Même si la motivation est là depuis le début, il doit se contenter des moyens à sa disposition faute de budget. Guitariste à ses heures, Damien Depaepe utilise le looper en sa possession, « un appareil pour réaliser des boucles de 10 minutes », ainsi qu’un micro qu’il utilise en temps ordinaire pour chanter.

Avec le temps, il a appris certaines « règles » inhérentes à ce nouveau moyen de communication qui se développe à grande vitesse. Vérifier bien-sûr que le concept n’existe pas dans ce vaste monde qu’est le podcast et aussi « veiller au référencement du podcast, ne pas avoir un nom trop générique. Pendant des mois on ne trouvait pas Ecoute ça sur Google ».

Il faut aussi se familiariser avec les questions techniques comme héberger un fichier sur internet ou trouver la plateforme qui vous correspond. « Aujourd’hui je suis sur Ausha qui propose le même service que Podcloud (son ancienne plateforme) mais elle est payante ». Et puis pour se faire connaître et toucher le public le plus large, il ne faut « pas oublier les réseaux sociaux ».

Effet Paris Podcast Festival

Lors de la 2ème édition du Paris Podcast Festival, Damien Depaepe a eu le grand plaisir de se voir décerner le prix de l’Apprentissage accompagné d’une dotation financière. Le trentenaire n’est pas rémunéré pour son podcast et fait appel au financement participatif. « Je sais qu’Ausha propose une monétisation mais je suis réfractaire ».

Le prix obtenu au PPF, en plus des félicitations d’un journaliste de Radio France qui sont allées droit au cœur, constitue surtout une publicité pour son podcast et aussi une reconnaissance pour ses analyses musicales. Chaque épisode recueille au minimum 1 500 écoutes avec des pics à 3 500, des taux d’écoute très satisfaisants pour un podcast indépendant.

En attendant, Damien Depaepe continue de réaliser et diffuser son podcast depuis sa chambre. Une belle initiative pour appréhender différemment la musique et la faire partager avec le plus grand nombre…n’importe où et n’importe quand grâce au podcast.

Julie Sebadelha

Publié le 02 décembre 2019