Chaque fois qu’une chanson est diffusée en public – sur une radio, dans un bar, une salle de sport, un commerce ou à une fête de village – son auteur/autrice et son compositeur/compositrice sont rémunérés. Heureusement, chaque commerçant ne doit pas déclarer chaque jour toutes les chansons qu’il a diffusées… Mais alors comment ça marche ?
« Tout travail mérite salaire » est un dicton qui ne correspond pas à toutes les professions. En tous cas pas au métier d’auteurs et compositeurs de chansons, musiques de film ou génériques d’émission : ces derniers ne touchent pas un centime au moment où ils écrivent ou composent la chanson.
Ni de la part de l’interprète, ni de la part de la maison de disque ou du producteur.
C’est le succès de leur chanson qui détermine leur éventuelle rémunération : plus la chanson est diffusée sur les ondes, sur internet, dans les bals, les concerts ou les commerces… plus ils touchent de droit d’auteur. Si la chanson n’est jouée nulle part, ils ne touchent aucune rémunération. Peu importe leur notoriété ou leurs précédents succès ! Ils sont payés uniquement en proportion du nombre de personnes qui entendent leur chanson.
Mais comment savoir quelle chanson a été diffusée, à quel endroit ? Et comment évaluer le nombre de personnes qui l’ont entendue ? C’est un travail que la Sacem effectue chaque jour, scrupuleusement et le plus finement possible, évitant ainsi à chaque commerçant de devoir transmettre quotidiennement sa playlist du jour à la Sacem !
Etape 1
Lorsqu’un commerce décide de diffuser de la musique pour mieux accueillir ses clients, il signe un contrat avec la Sacem, qui lui pose la question suivante : allez-vous diffuser plutôt la radio, la télévision ou vos propres disques et playlists ?
Option 1 : vous diffusez la radio ou la télévision
Plus d’une centaine de radios, représentant la très grande majorité de l’audience des radios en France, déclarent à la Sacem l’ensemble des chansons qu’elles diffusent chaque jour. Ce panel permet à la Sacem de connaitre le nombre de diffusion de chaque chanson sur une année complète, ainsi que le nombre d’auditeurs touchés, sur la base des audiences de chaque radio.
L’argent que vous versez à la Sacem sera alors redistribué aux auteurs et compositeurs des chansons qui passent à la radio, au prorata de leur diffusion.
Le même principe s’applique si vous diffusez la télévision dans votre établissement, sur la base des diffusions déclarées par les différentes chaines (plus d’une trentaine).
Option 2 : vous diffusez vos propres playlists ou CD.
La Sacem reçoit l’ensemble des données d’écoute de toutes les plateformes de streaming et les ventes de supports physiques, CD et vinyles, pour pouvoir répartir les droits payés par les plateformes et les maisons de disque : c’est sur cette base que l’argent que vous versez à la Sacem est redistribué aux auteurs et compositeurs des chansons, au prorata de leur diffusion.
Les options 1 et 2 concernent environ deux tiers des commerces de France.
Option 3 : vous appartenez à une chaine de magasins ou à un groupe qui vous fournit des playlists « clé en main »
C’est le cas de certaines chaines de magasin, fast-food ou clubs de sport, qui tiennent à créer une certaine identité musicale et partagent les mêmes playlists à tous leurs établissements. Cela concerne environ 100 000 points de vente en France. Les playlists sont dans ce cas communiquées par le siège social de l’enseigne à la Sacem, qui peut alors reverser leurs revenus aux auteurs et compositeurs en tenant compte de leurs diffusions.
Etape 2 :
C’est tout. Vous n’avez rien à faire de plus. Et vous êtes assurés que les auteurs et compositeurs, quels qu’ils soient, sont bien rémunérés en fonction du nombre de diffusion de leurs chansons et du public touché, de manière équitable, quelle que soit la notoriété ou l’historique des artistes interprètes.
Vos paiements à la Sacem pour diffuser de la musique, et ainsi créer une bonne ambiance dans votre établissement pour vos clients, rémunèrent ainsi plus de 300 000 auteurs, compositeurs et éditeurs chaque année. C’est donc grâce à vous qu’ils peuvent vivre de leurs créations. Merci !
Publié le 13 mars 2026