Depuis 18 ans, La Nuit du Slam fait vibrer la poésie et la musique en France. Jusqu’au 11 avril, l’édition occitane sillonne la région avec concerts, scènes ouvertes et actions culturelles. Un festival gratuit et engagé, porté par l’association Contre-Courant.
Quelles sont vos relations avec les diffuseurs de musique (bars, salles de spectacles...) ?
Elise Delestré, Chargée de production chez Contre-Courant : Ce sont nos relais de diffusion : on organise des événements et soirées dans des bars, en essayant de choisir les esthétiques musicales en fonction des esthétiques de lieux de diffusion. Cela nous amène à organiser des événements dans des lieux très différents : nous avons fêté la sortie de l'album d’Ankha au café Ginette (Toulouse), l’ouverture du festival à la salle municipale de La Bastide-du-Sérou, en collaboration avec Art’Cade (SMAC d’Ariège), et à Lautrec les artistes se sont produits au Café Plum, seul lieu de ce type au village. Cela illustre l'importance de scènes identifiées pour valoriser les artistes amateurs.
Quel est le modèle économique de La Nuit du Slam ?
ED : En plus d’organiser La Nuit du Slam en Occitanie, Contre-Courant est un collectif artistique et un bureau de production qui accompagne les artistes dans leur professionnalisation. Une démarche pour laquelle on reçoit un soutien de la Sacem. Et si le festival est gratuit, c’est grâce aux subventions et aux partenariats. Nos multiples casquettes assurent l’équilibre, et les artistes que nous accompagnons nous offrent un rayonnement national.
Vous êtes connus pour vos engagements pour l'inclusivité, pouvez-vous nous en parler ?
ED : Nous sommes labellisés « Label et la Fête » (prévention contre les violences et harcèlement sexistes et sexuels). Cela ne signifie pas remplir des cases pour des subventions : c’est naturel. Nous sommes le deuxième festival hip-hop en France adapté à la culture sourde : tout est signé, avec boucles magnétiques, accueil dédié, référents. Cette année, nous recevons la comédienne Emmanuelle Laborit, née sourde. On propose aussi un spectacle sur la grossophobie.
Quel serait votre public idéal ?
ED : On l’a déjà : tout âge, toute origine. En triant les photos, j’ai vu un retraité faire la chenille, déguisé en coccinelle à paillettes, à côté d’une étudiante à dreadlocks. Il y a un besoin d’expression et de liberté auquel on répond plus que jamais, avec beaucoup de joie et d’évasion.
Les Nuits du Slam en Occitanie vous accueillent jusqu’au 11 avril dans toute la région. Pour en savoir plus.
Publié le 17 mars 2025