Rock’n Poche : un festival local au sommet

1-2 août

Depuis plus de 30 ans, le festival Rock’n Poche fait vibrer la Vallée Verte, en Haute-Savoie. Avec ses bénévoles, sa “rue des alpages” et sa programmation éclectique, il incarne une autre idée du live. Un événement soutenu par la Sacem.

Il faut grimper un peu, quitter les rives du Léman et s’enfoncer dans les montagnes haut-savoyardes pour rejoindre Habère-Poche, 1 500 habitants. Là, au cœur de la station des Habères, le festival Rock’n Poche plante ses deux scènes chaque été depuis 1992. Porté à l'origine par une association de jeunes du cru, l’événement a grandi avec ses bénévoles, ses alpages… et son public.

Cette grande fête est donc avant tout une affaire locale. Avec ses bars, ses plats made in Haute-Savoie (tartiflette, burgers d’alpages) et son engagement de longue date pour le circuit court, Rock’n Poche se fond avec un tissu local — hôtels, restaurants, producteurs — qu’il fait vivre le temps d’un week-end. « On multiplie par sept la population du village », glisse Ludivine Ducrot, la directrice du festival. Et tout cela repose sur des forces vives rares : 80 % du montage du site est effectué par les bénévoles, qui assurent aussi la logistique, la sécurité ou la restauration. « Les gens aiment être accueillis par des bénévoles. Tout le monde a le sourire. »

D’ailleurs, si le festival était une chanson, ce serait « Salut à toi » des Béruriers Noirs, « que les Ogres de Barback ont reprise sur notre scène », nous répond sans hésiter Ludivine Ducrot. « Parce que chez nous, pendant deux jours, on oublie ses soucis. On se retrouve. Et on rit avec son voisin. »

Aujourd’hui, ils sont près de 5 500 spectateurs à emprunter chaque soir la « rue des alpages », ce chemin qui relie les deux scènes du site. Une topographie unique, « tout en longueur », qui contribue à cette atmosphère « de communion » dont parle sa directrice, et que certains groupes comme Chinese Man ou L’Entourloop ont transcendée ces dernières années. Deux soirées, huit groupes par soir, une programmation sans œillères : rock, rap, électro se croisent sur le grand plateau, pendant que la scène régionale révèle huit groupes locaux sélectionnés avec soin par une commission d’écoute. Plus de 150 candidatures sont examinées chaque année : la moitié du plaisir est là, dans la découverte.

L’autre fierté de l’organisation, c’est le soutien régulier de la Sacem, qui reconnaît dans ce projet un vrai travail de fond pour la création, l’accompagnement des artistes et la diffusion de la musique. « C’est une subvention qui a d’autant plus de sens qu’elle vient de nos pairs. » Depuis quinze ans, le festival affiche souvent complet, preuve que le modèle — associatif, à taille humaine, ancré dans son territoire — séduit. Une autre voie, à contre-courant de la course au gigantisme de certains festivals, et peut-être même un exemple à suivre pour la scène live de demain.

Rendez-vous les 1er et 2 août pour découvrir 8 groupes de la scène locale en live et retrouver des grands noms comme Keziah Jones, Biga*Ranx, les Zoufris Maracas et bien d’autres ! 

Publié le 03 juillet 2025